Une journée à la fondation Louis Vuitton

Pas très original, mais comme beaucoup de franciliens, je me suis évidemment rendue à la fondation Louis Vuitton il y a quelques temps, une après-midi ensoleillée de semaine où je ne travaillais pas. J’en avais vu beaucoup de photos passer sur les différents fils d’actualité sociaux et lu plusieurs articles de blogs à son sujet – je voulais me faire ma propre idée sur ce qui apparaît devenir un des nouveaux lieux culturels incontournables de Paris.

Pour tout vous dire, j’étais déjà allée plusieurs fois à l’espace culturel Louis Vuitton, au dernier étage du magasin des Champs Elysées. Ce lieu, géré par la fondation LVMH pour l’art’ est consacré à l’art contemporain très pointu et je n’ai pas les connaissances pour me permettre de le déchiffrer et de l’apprécier (ni certainement l’ouverture artistique requise). En revanche, c’est un espace gratuit et je trouvais ça très bien pour une fondation privée ! Évidemment, la fondation Louis Vuitton Moët Hennesy du jardin d’acclimatation n’a ni le même projet’ ni la même envergure et les deux lieux ont vocation à cohabiter. L’exposition inaugurale me faisait vraiment envie (comment aurait-elle pu ne pas être extraordinaire afin de lancer ce nouveau musée dans une ville qui en compte déjà de fantastiques ?) mais la découverte de l’architecture m’intriguait énormément aussi.

Crédit photo : Paris Match

  • L’exposition : les clefs d’une passion
Catalogue de l’exposition

Je suis très sensible à l’organisation et la scénographie d’une exposition. J’aime à l’observer autant que les toiles en elles mêmes. J’ai trouvé celle-ci très bien construite. Le thème fédérateur de la passion n’était pas assez mis en avant dans le parcours de l’exposition en revanche. Mais les différents espaces étaient très cohérents et à aucun moment je ne me suis sentie gênée par ce fil rouge un peu trop pâle. Les salles étaient bien organisées, le parcours très lisible et le petit livret distribué à l’entrée riche d’explications intéressantes. J’ai juste trouvé dommage qu’il ne reprenne pas les quatre premières pages du catalogue de l’exposition, en libre lecture à la sortie de l’expo, car elles permettaient vraiment de comprendre les choix des commissaires et apportaient ce fil rouge que j’ai eu du mal à trouver.

En revanche, j’ai noté un ou deux petits défauts : le livret, rédigé par salles et sous-divisé par artiste, ne suivait pas toujours l’ordre au mur des toiles et parfois, il était difficile de distinguer deux toiles. De plus les annotations au mur n’étaient pas à côté des toiles (ca c’est très bien, ça évite l’engorgement devant les tableaux) mais à l’angle des murs. Or, par exemple dans la salle 2, si on se contentait de lire l’annotation à l’angle gauche du mur, on prenait un Nolde pour un Mondrian (en fait, il y avait plusieurs toiles de Nolde et au milieu du mur, une de Mondrian). J’ai également entendu des gens s’interroger car la numérotation des salles par le livret, qui correspondait à l’ordre chronologique de la visite, ne correspondait pas au numéro des salles indiqués à leur entrée. Un détail qui peut perturber certains !

Tant de toiles de maîtres rassemblées en un même lieu suscite forcément une émotion importante ! Je n’avais jamais vu en vrai Le Cri de Munch, pièce maîtresse de l’expo à mon sens même si c’est La danse de Matisse qui a été retenue pour la couverture du catalogue, et ce fut une véritable émotion artistique. Je n’ai pas vraiment découvert de nouveaux artistes – ce n’était, je crois, pas le but de l’exposition les œuvres proposées étant toutes très connues – mais j’ai été ravie de voir pour la première fois en vrai de véritables mythes, comme les Nymphéas.

La dernière fois que j’ai vu autant de toiles majeures dans une même expo, c’était pour Picasso et les maîtres (et pour l’exposition Klimt à Vienne – mais il n’y avait que du Klimt) et elle reste mon exposition préférée de tous les temps. La taille des clefs de la passion est parfaite : ce n’est pas une exposition démesurée et elle laisse de fait la possibilité de goûter toutes les œuvres. L’éclairage est parfait (c’est tellement décevant lorsque l’on voit mal dans un musée à cause des reflets – Le Louvre étant un expert dans ce domaine malheureusement) et c’est un vrai plaisir de faire cette exposition très enrichissante (à défaut d’être originale, il ne s’agit que de grands classiques).

Bref, j’ai beaucoup aimé et je pense qu’elle est accessible à beaucoup de gens, qui, comme moi, ne sont pas rompus au domaine de l’art pictural.

  • Le bâtiment 

Le bâtiment pensé par Franck Gerhy mérite les échos encensants qu’il reçoit de toute part. C’est un vrai bijou, d’une complexité incroyable et d’une légèreté virevoltante.

La facade extérieure et ses incroyables articulations

Ce mélange de bois, d’eau, de verre et d’aluminium, résolument moderne, à la façon d’un bateau, est vraiment enchanteur. La structure, sciemment pensée pour rendre ses plus beaux atours visibles pendant la visite, laisse sans voix. Pour les amateurs d’architecture, c’est un régal ! J’ai été étonnée de la qualité des finitions. J’ai cherché la petite bête, guettant les écorchures ou les menus travaux restant. Je sais combien il est difficile d’arriver à la perfection sur un chantier. Et là, je n’ai quasiment rien trouvé ! Hormis dans un escalier où les tubes néons dépassaient du mur et avaient été mal repositionnés (traces du premier emplacement non effacées), je n’ai pas identifié de défaut. Et pour cela, j’ai tellement d’admiration pour le maître d’œuvre et le maître d’ouvrage (qui a minima a su choisir son MOE ou sinon s’est impliqué avec un professionnalisme que bien d’autres envieront à réception de leur construction neuve). Un chantier si imposant et si bien mené, c’est un challenge que LVMH ne pouvait pas rater et c’est réussi !

vue entre deux salles d’exposition
  • Le musée en lui-même

Le lieu est superbe, bien construit, en plein jardin d’acclamation, avec la promesse d’un budget suffisant pour offrir de très belles expositions… Tous les ingrédients d’un grand musée sont réunis.

Le service de navette est très bien vu (pour ma part je suis venue en voiture, pas évident de se garer un jour de beau temps, mais il y a un parking public -payant bien sûr – près de la porte Monceau). Autant je pense qu’il serait très judicieux d’interdire les voitures dans Paris (projet irréaliste car il faudrait alors construire d’énormes parkings à chaque terminus de ligne de métro où les gens se gareraient gratuitement s’ils sont un abonnement RATP) autant je trouve dommage, pour un lieu culturel qui se situe en proche banlieue, qu’il n’y ait pas un partenariat avec le parking pour avoir une réduction sur présentation du billet du musée ou des navettes connectées aux quatre lignes de RER et aux principales gares de transiliens. Les déplacements banlieue-banlieue sont bien souvent très compliqués en transport !

Au niveau du prix, je trouve le tarif plein (14€) très correct. Toutefois, le tarif réduit (10€) me déçoit un peu : encore une fois, les seniors, étudiants et chomeurs, catégories souvent précaires et peu représentées dans les visiteurs de musée, auront à y penser deux fois pour venir. Je crois qu’il y a des tarifs famille (car ce n’est pas gratuit pour les enfants – ce qui est également dommageable à mon sens car 47€ de musée pour deux adultes et deux enfants éloignent encore plus les classes moyennes des lieux de culture).

Le personnel est charmant et très à l’écoute avec beaucoup de courtoisie. C’est fort agréable.

J’ai également beaucoup apprécié la présence de pupitres de lecture à la sortie de l’expo avec les catalogues dans différentes langues.

Toutefois, j’ai noté plusieurs axes d’amélioration qui selon moi seraient vraiment les bienvenus pour améliorer le parcours utilisateur :

  1. A l’entrée : je suis arrivée tôt, mais ai du faire vingt minutes de queue en plein soleil. C’est difficilement tenable. Le personnel est gentiment venu nous apporter des ombrelles. C’est gadget et luxueux mais c’est idiot : une tonnelle serait peut être mieux venue. Il y a une autre entrée du côté du jardin d’acclimation, à l’ombre mais on ne peut pas y acheter de billets et elle n’est pas signalée à l’entrée (pour les personnes qui en seraient déjà munies). Mais le problème le plus grave est les portiques ! Semi-automatiques, ils sont supposés s’activer d’eux mêmes. Or ils ne fonctionnent pas bien (mauvaise détection des mouvements ?). Un personnel est obligé de les surveiller à plein temps et les gens y restent coincés un petit moment : cela crée des embouteillages.
  2. L’absence de point d’eau : après cette queue au soleil, la déshydratation s’est faite sentir. Les bouteilles qui se ferment sont acceptées dans l’enceinte du musée : oui mais voilà, ils n’en vendent pas ! La seule solution pour boire est de sortir côté jardin d’acclimation, de faire la queue à la buvette du jardin (à 500m du musée) et de revenir faire la queue. Un distributeur, une fontaine ou un bar (il n’y a qu’un restaurant) seraient les bienvenus !
  3. L’accès à l’exposition se fait par une descente en escalator. Il n’y en a qu’un et les livrets d’exposition y sont en distribution dans plusieurs langues juste à l’entrée qui est très sombre. Cela crée donc des embouteillages puisque les gens cherchent celui de leur langue. C’est dommage car il y a un long couloir à traverser une fois en bas pour accéder à l’exposition bien plus lumineux : ils y seraient plus à leur place.
  4. Enfin : les poussettes. Il est écrit sur le site et à l’entrée qu’elles sont déconseillées mais pas interdites. Or, une fois en bas, j’ai vu deux groupes se voir indiquer que la poussette ne pouvait pas entrée dans l’exposition. Les gens ont donc dû faire marcher de petits enfants qui en fin de visite étaient fatigués. Je comprends qu’elles ne sont pas autorisées pour aller près de la mare car le chemin y est étroit. Mais les salles d’exposition sont très larges et des poussettes ne me semblent pas poser problème !

Bref, la fondation Louis Vuitton est un nouveau musée qui promet de s’imposer comme une référence à Paris et qui est vraiment très agréable malgré quelques petits défauts correctibles et pas bien méchants. C’est un endroit que je recommande chaleureusement !

Y êtes-vous déjà allés ? Qu’en avez-vous pensé ? 

Bon weekend à tous !

Victoria

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