(Littérature) Rural noir de Benoît Minville

Rural noir était pour moi une promesse de vacances. La promesse d’un polar sombre, au plein cœur du Morvan, sûrement gorgé des problématiques sociales d’un monde rural trop souvent oublié. J’en ai certainement beaucoup trop attendu… et j’ai été déçue.

Pour être honnête, je ne suis pas une grande amatrice de polar. J’aime une histoire bien ficelée, avec du suspense, j’adore suivre les enquêtes des faits divers, mais souvent, je trouve les polars téléphonés et j’en ai finalement peu lus.

Benoît Minville m’a offert ce que j’espérais : la mise en lumière de la ruralité et de ses problématiques très particulières pourtant inconnues du grand public et délaissées des médias. Socialement, Rural noir est donc très intéressant. Et puis c’est agréable qu’un roman se déroule dans la campagne nivernaise et pas, comme d’habitude, sur (rayer la mention superflue) : la Côte d’Azur / l’ile de France / la Normandie / la Bretagne / la région bordelaise / le Lubéron.

Les personnages tentent tous, à leur manière, de maintenir leur petit village du fin fond du Morvan. Certains en finançant des actions sociales avec de l’argent sale, d’autres en maintenant les services publics ou l’artisanat locaux. Au cœur d’une Nièvre désertifiée, le héros, qui a fuit la ruralité, les responsabilités et le deuil trop lourd de ses parents revient dans son village d’enfance où tout a changé et les commerces ont fermé. Son amour d’adolescence et son petit frère vont avoir un enfant, son meilleur ami – qui était jusqu’alors en couple avec l’amour d’adolescence – est devenu dealer et soudainement assassiné, le tout les yeux du copain à tendance violente et de sa belle-mère incestueuse. Là, cela devient un peu caricatural. Comme très souvent, j’ai trouvé les interactions avec le personnage principal et la belle dont il est amoureux (i.e l’ex femme de son meilleur ami et désormais sa belle-sœur) caricaturales. Les dialogues entre eux ou les remarques qui lui viennent lorsqu’il la voit sont plus téléphonées qu’un téléfilm de M6, à mon sens. Comme ce sentiment revient extrêmement souvent, j’en viens à penser que c’est peut-être moi qui ai une vision biaisée des relations amoureuses en littérature.

L’histoire policière, en elle-même, est intéressante : le héros cherche à découvrir qui a tué son dealer de meilleur ami et la vérité n’est pas aussi simple qu’un plus gros trafiquant de drogues. Le roman est composé d’allers-retours passé/présent dont on comprend qu’ils seront la clé de l’énigme.

Bref, je suis un peu mitigée au fond.
Je trouve la plume un peu insatisfaisante (mais je suis très exigeante sur la qualité de l’écriture – des autres – vous l’aurez déjà remarqué), mais l’histoire est intéressante et le cadre rural à louer. Comme d’habitude, au fond, c’est un peu la psychologie qui pêche selon moi.

Toutefois, j’ai lu beaucoup de très bonnes critiques à son sujet. Je suis peut-être passée à côté !

Alors ? L’avez-vous lu ? L’avez-vous plus apprécié que moi ?

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